Bermersheim vor der Höhe

ville natale de Ste Hildegarde de Bingen

Sainte Hildegarde de Bingen
Abbesse bénédictine, 35ème docteur de l'Eglise (✝ 1179)

née le 16 septembre 1098 à Bermersheim vor der Höhe près de Alzey (Rhénanie Palatinat) et morte le 17 septembre 1179 à Rupertsberg (près de Bingen). Son abbaye se trouvait à l’embouchure de la Nahe. Elle a été détruite pendant la guerre de Trente Ans en 1632, par les Suédois
Elle est enterrée à Eibingen près de Rüdesheim am Rhein.

 

 

Hildegarde recevant des visions divines
Hildegarde recevant des visions divines

 

Visionnaire
Elle était d'une noble famille germanique. Très jeune, on la confie au couvent de Disibodenberg, un monastère double, sur les bords du Rhin, où moines et moniales chantent la louange divine en des bâtiments mitoyens. Devenue abbesse, elle s'en va fonder une autre communauté à Bingen puis une à Eibingen. Elle voyage, va où on l'appelle, prêche dans les cathédrales et les couvents, correspond avec toutes les têtes couronnées, les pontifes de son temps, saint Bernard et bien d'autres. Elle plaide pour une réforme radicale de l'Église. Depuis sa petite enfance, elle est favorisée de visions exceptionnelles. Par obéissance, elle les couchera sur le papier. Ses récits apocalyptiques (au sens littéral de dévoilement des fins dernières) donnent de l'univers une vision étonnante de modernité où la science actuelle peut se reconnaître (création continue, énergie cachée dans la matière, magnétisme) mais qui peut aussi apaiser la soif actuelle de nos contemporains tentés par le "Nouvel Age". ("Le monde ne reste jamais dans un seul état", écrit-elle.) L'essentiel de sa pensée réside dans le combat entre le Christ et le prince de ce monde, au cœur d'un cosmos conçu comme une symphonie invisible. Dante lui emprunta sa vision de la Trinité.


Compositrice
Hildegarde a composé plus de soixante-dix chants liturgiques, hymnes et séquences, dont Ave generosa, Columba aspexit, O presul vere civitatis… Ce dernier est un hommage à Disibod, moine irlandais du VIIe siècle fondateur du monastère double de Disibodenberg, dont Hildegarde fut la biographe. L'ensemble des chants forme la collection Symphonia harmoniae celestium revelationum (Symphonie de l'harmonie des révélations célestes), qu'elle mit en musique.

 

Linguiste
Hildegarde est aussi connue dans le domaine linguistique car elle élabora, sur des principes mystiques, une langue artificielle ou langue construite, écrite et parlée par elle seule, la Lingua Ignota


Scientifique
Hildegarde de Bingen est médecin, et l’un des plus renommés de son temps. Ses ouvrages pressentent les idées à venir sur la physiologie humaine. Elle a une grande connaissance de la pharmacopée et, utilise tout ce que la nature pouvait lui offrir en matière de traitements : les simples bien sûr, mais aussi les minéraux.

 

Ecrivain
Son ouvrage, Scivias, au titre un peu mystérieux (Sache les voies) présente, en treize visions, l'histoire des rapports entre Dieu et les hommes, de la création au jugement dernier, en insistant sur le rô1e de l'Église dans l'histoire du salut. Présentée d'abord comme une femme qui accouche sans cesse de nouveaux croyants, l'Église devient, dans les visions de la troisième partie, un édifice qui se construit sous nos yeux, fondé sur le Verbe divin et orné des vertus chrétiennes.


Epistolaire
On a conservé d’Hildegarde de Bingen une volumineuse correspondance de plus de quatre cents courriers.
L'époque est troublée. L’Eglise est déchirée par les schismes et le pouvoir temporel tente de gouverner l'Église : l'empereur germanique nomme lui-même les papes ; le roi d'Angleterre entre en conflit ouvert avec l'Eglise, et Rome et ses papes s'insurgent. Partout les hérésies fleurissent dont ces Cathares qui prêchent une foi nouvelle. Les couvents sont bien souvent pris en tenailles entre l'influence des nobles provinciaux et leurs autorités ecclésiales.
Dans son monastère aux environs de Bingen, Hildegarde, porteuse d'une réalité qui la dépasse, refuse jusqu'au bout de se plier aux règles du monde : elle admoneste, s'insurge contre l'injustice et la simonie, dépasse les limites théoriquement permises aux filles d'Eve, résiste envers et contre tout, au mépris parfois des règles ecclésiales et des conventions mondaines.

 

Reconnaissance tardive de l’Eglise.
Morte en 1179, elle sera béatifiée en 1244
Elle sera canonisée le 10 mai 2012, par Benoit XVI et proclamée Docteur de l’Eglise le 7 octobre 2012. Ce sera la 4ème femme Docteur de l’Eglise après Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila et Thérèse de Lisieux.