23ème étape, La Roche Guyon - Chaumont en Vexin, 31km : parcours champêtres

La Roche-Guyon
Agnès grimpe la côte de la Ravine à La Roche-Guyon

À la Roche-Guyon, quasiment  au bords de Seine, il nous a fallu monter la rue de la Ravine pour atteindre sur 1km l'altitude de 100m. Ne rigolez pas chers lecteurs, car ça grimpait sec pour une mise en jambes matinale.

Par la magnifique allée royale de Beauregard, nous avons traversé la forêt régionale de la Roche-Guyon. Un jeune chevreuil a daigné pointer son nez devant nous mais le temps de réagir il avait disparu à nos yeux.

boulangerie mobile
la boulangère de Movion

À Vomion, nous nous posions quelques questions gastro-stomacales : que mettra t'on sur notre pain sec à midi ?

Tout à coup, nous entendons "tut tut tut". C'était la boulangère en tournée.

-"Avez-vous du pâté Hénaff ?

- Non, mais j'ai de croque-monsieurs.

C'est donc ce que nous avons mangé ce midi. Ils étaient froids et bourratifs mais nous n'allons pas commencer à faire la fine bouche.

le Vexin
Agnès marche dans la plaine du Vexin

À midi, nous avons quitté le Val d'Oise et l'Ile de France pour l'Oise et la Picardie. Picardie ? Et non Hauts de France !

Depuis ce matin nous sommes dans le Vexin. Les rois de France y tenaient comme à la prunelle de leurs yeux. Toucher au Vexin, entrer dans le Vexin, étaient une cause suffisante pour une déclaration de guerre.

Le Vexin est une succession de plateaux riches et fertiles et de vallées. Les forêts se partagent l'espace avec les cultures.

Est-ce grand ? Voici une expérience pour s'en faire une idée. Où s'asseoit-on pour manger ce midi ? Agnès propose que ce soit au bout du champ que nous longeons. 20mn plus tard nous marchons toujours et nous n'avons toujours pas atteint le bout du champ.

Le Vexin c'est riche, ça c'est sur. Mais ce matin au moment de la pause-chocolat chaud, impossible de trouver un café. Idem à midi pour la pause-café. Nous traversons vraiment de curieux pays. Autre chose encore aussi surprenante : le nombre de panneaux "à vendre". Honnêtement depuis que nous avons quitté la Bretagne, nous avons l'impression que la moitié de la France est à vendre.

L'église de Montjavoult
L'église de Montjavoult

Vers 14h, nous traversons Montjavoult et nous vient à l'esprit le désaccord profond dans les années 60-70, entre le curé de Montjavoult et l'évêque de Beauvais de l'époque, Mgr Desmazieres. L'abbé Coache, le curé, est un éminent canoniste, et n'accepte pas l'application d'un certain nombre de décisions de Vatican II. Il publiera des lettres à ses confrères prêtres expliquant sa décision. Finalement l'évêque de Beauvais le suspendra de sa charge de curé. L'abbé Coache rejoindra l'équipe de St Nicolas du Chardonnet à Paris et viendra grossir la liste des adeptes de Mgr Lefebvre. 

Tous les samedis soirs a lieu à Montjavoult, la prière du chapelet pour la France.

Reilly
la petite église de Reilly

Depuis Montjavoult, nous étions en panne d'eau que nous avons fini par trouver au cimetière de Reilly.

C'est donc en piochant dans les derniers km que nous avons rejoint Chaumont en Vexin. Nous avons tenu à entrer dans l'église en pèlerins, en gravissant, sac sur le dos, les 68 marchés d'accès pour finalement nous casser le nez sur une porte fermée comme à Montjavoult, comme à Reilly. Nous avons un réel problème avec les églises. Ça nous met un peu hors de nous ; nous pestons contre ces fermetures abusives.

Nos églises se vident, entend-on pleurnicher dans toutes les paroisses. Mais pour qu'elles se remplissent il faudrait peut être commencer par ouvrir les portes. Ça nous paraît une évidence d'une simplicité enfantine.

Voilà pour le coup de calgon ! Ça ne sert à rien mais ça fait du bien de le dire.