35ème étape, Pauvres - Autry, 34km ; Agnès arrête temporairement pour se soigner.

Agnès avec Josette et Jean Paul à Barby
Agnès avec Josette et Jean Paul à Barby

Après une bonne et tardive (pour nous pèlerins) soirée chez Josette et Jean-Paul et leurs amis Dominique et Bruno, il a fallu procéder à l'opération "ampoules douloureuses" pour Agnès.

Nous le savons bien : pour pèleriner, il ne faut pas avoir d'ampoules. Mais lorsqu'elles sont là, il faut s'en occuper sinon ce sont elles qui s'occupent de vous.

On nous a conseillé l'aiguille désinfectée pour percer et le fil pour faire drain. Alors on l'a fait.

 

Ce matin ce fut l'opération "compeed" ; ce sont des pansements spécifiques pour ampoules qui marchent théoriquement très bien. Nous avons donc procédé à la vérification théorie - pratique. Après avoir chaussé chaussettes et chaussures neuves (3 jours), Josette et Jean-Paul nous ont déposés à notre point initial Pauvres.

 

 

Agnès pendant son chemin d'éoliennes ou son chemin de croix
Agnès pendant son chemin d'éoliennes ou son chemin de croix

Dès le premier kilomètre, la situation est devenue compliquée. Et un peu avant Contreuve, nous avons pris notre décision.

À midi, Ingrid, notre nièce, était là pour récupérer Agnès et la ramener chez elle à la Malmaison. Objectif : que pendant 3-4 jours, elle soigne ses ampoules puis pendant 3-4 autres jours qu'elle fasse des essais de marche avec de nouvelles chaussures.

Ainsi, au bout de 8 jours, elle pourra reprendre le pèlerinage un peu avant la sortie du territoire français.

Pourquoi ne pas arrêter tous les deux ?

C'est une question que l'on s'est posé en évoquant même le mot "abandon". Abandonner après plus de 750 km parcourus est une décision très difficile à prendre.

Rester tous les deux 8 jours dans un hôtel ou même chez notre nièce ne nous a pas paru raisonnable ni faisable. C'est donc la solution d'un arrêt pour Agnès et de la prolongation du pèlerinage pour Jean Jacques.

 

Lors de ses 2 chutes en forêt de Compiègne, Agnès avait eu dès le lendemain de violentes douleurs au pied. Ces douleurs s'atténuaient tout doucement. Le podologue rencontré à Vervins penchait pour une tendinite alors que le médecin de Sissonne était plus formel pour une petite entorse et lui avait donné des médicaments en conséquence

Ces petits ennuis se dissipaient progressivement.

Il aura fallu ces chaussures neuves pour casser ce fragile équilibre.

 

L'usine Nestle de Challerange
L'usine Nestle de Challerange

Sinon pour la journée, il n'y a pas grand chose à dire.

Progressivement, je suis sorti des grandes plaines à céréales, à betteraves et à luzerne pour entrer en Argonne avec des pâtures en plus grand nombre, des cultures de maïs et des bovins à viande ou à lait.

À Saint Morel, j'ai vu la pancarte indiquant que Roland Garros s'était écrasé ici, mais je n'ai pas pu voir la stèle.

À  Challerange, qui ressemble à une ville morte, même les cafés ont déposé le bilan, il n'y avait que la gigantesque usine Nestle pour donner un peu de signe de vie. À Challerange, Nestle fabrique les capsules de Café, celles qu'utilise Georges Clooney.

Je pensais trouver facilement un logement à Challerange. Il a fallu que je prolonge de 9 km pour arriver à Autry et trouver un gîte.