38ème étape, Marre - Douaumont - Rouvres en Woëvre, 33km -Ils n'ont pas passé.

L'hôtel du Village gaulois de Marre
L'hôtel du Village gaulois de Marre

Avant de commencer le blog de la journée, un petit correctif : Mitterrand était sergent-chef lorsqu'il fut blessé à la côte 304 en juin 40.

J'étais logé au village gaulois à Marre, hier soir, un ensemble restaurant hôtel construit intégralement par le patron : le restaurant, l'hôtel, les salles, le mobilier, l'aménagement interne.

C'était écrit sur le dépliant que pendant que Madame tannait, tissait, brodait, décorait, Monsieur récoltait dans les champs des pierres de construction qu'il taillait et agencait.

Chaque hiver, une nouvelle chambre, une nouvelle salle venaient s'ajouter à ce qui avait été réalisé précédemment.

C'est en quelque sorte, l'hôtel-restaurant du Facteur Cheval.

 

La tour de Douaumont vue de 10km
La tour de Douaumont vue de 10km

Tôt ce matin, j'ai pris la route pour une très longue journée qui, à Bras sur Meuse, a commencé par la montée vers l'Ossuaire de Douaumont. 

J'ai laissé sur ma gauche le Bois des Caures où s'illustrèrent par leur vaillance et leur sacrifice les chasseurs du Colonel Driant.

J'avais alors devant les yeux en point de mire la tour de l'Ossuaire. Déjà hier, depuis Esnes en Argonne, je la devinais.

Ce fut donc une heure de montée silencieuse, rythmée par le chant des oiseaux. Même les voitures qui gravissaient la côte le faisaient à allure modérée comme par respect.

 

 

 

L'inscription du monument de Vaux
L'inscription du monument de Vaux

J'ai laissé l'énigmatique Tranchée des baïonnettes et le premier bâtiment que je découvre, c'est l'Abri des Pèlerins, fermé pour cause de travaux.

Et comme tous ceux qui sont déjà sur le site, je découvre l'immense cimetière militaire. Je pénètre dans l'Ossuaire pour découvrir tous les ex-votos et les multiples mausolées. Je ne peux pas prendre le temps de descendre à la crypte et pourtant l'envie de rester, de m'imprégner, de vivre l'instant et de vibrer à l'unisson des morts pour la Patrie est forte.

En effet, la journée sera longue, plus de 8h de marche. Il me faut partir si je ne veux pas arriver de nuit. Je m'aventure dans un sentier forestier en direction de Vaux. Il n'a pas été entretenu depuis plusieurs mois. Je découvre dans le silence de la forêt les petits momuments payés par des familles qui jalonnent les allées forestières.

Je n'ai pas vu le vieux Douaumont, ni le fort.

À Vaux on m'explique que le village a été reconstruit car il y avait une petite voie ferrée à faire vivre et elle avait une petite importance économique après guerre.

 

Le cimetière de Douaumont
Le cimetière de Douaumont

Petit à petit, je sors du site des Batailles de Verdun. Après l'Argonne, je connais la Woevre ( prononcer Ouavre). Maintenant, peu de collines boisées mais de grandes plaines à céréales..

Sur la route, un jeune couple m'invite à manger chez eux. Il est 11h30. Avec un grand regret je me vois obligé de refuser leur invitation et le leur explique.

Les kilomètres qui restent à parcourir l'après midi, après le repas de midi sont beaucoup plus difficiles à faire que ceux du matin. Et aujourd'hui, avec les arrêts que j'ai fait sur la route, je n'ai parcouru que 14km pour 11h30. Si je m'arrête, il resterait encore 19 à faire pour l'après repas. Ce serait catastrophique.

J'ai donc continué ma route, traversé Étain, marché le long de la base aérienne de l'Armée de terre de Étain Rouvres là où est stationné le 3eme Régiment d'hélicoptères de Combat.

À l'entrée de Rouvres, un monument rappelle le massacre de la population civile le 24 août 1914 par les Allemands. 56 civils seront assassinés pour rien. Un Oradour sur Glane oublié de la guerre 14. Il faut dire que quelques jours plus tard avait lieu la terrible bataille de Belgique.

J'apprends aussi que cette région où je me trouve aujourd'hui, à 20 km de Verdun, ne sera définitivement libérée que le jour de l'Armistice en 1918.