40ème étape, Tucquegnieux - Thionville, 26km (+4), 54, 55, 56, 57 : chasser l'intrus.

Le père Jean-Paul Demange chez lui au piano
Le père Jean-Paul Demange chez lui au piano

A son arrivée en 1981, le père JP Demange m'a expliqué  qu'il a vécu  personnellement en qualité de prêtre et de pasteur d'un troupeau le désarroi de la  population. Dans le bassin minier, les mines de fer fermaient les unes  après les autres. Le dernier puits de Tucquegnieux a été fermé en 1986. La fermeture d'une mine est toujours vécue avec un   grand déchirement et une grande douleur par des familles qui vivaient de cela depuis plusieurs générations.

Tucquegnieux est une des cités minières les plus importantes du bassin Lorrain. La commune n'est pas très grande, 920 ha, pour 2500 hab. Elle s'étire de toute sa longueur sur le filon minier sur 7 km. On y trouve Tucquegnieux Village, le vieux Tucquegnieux d'avant les mines, puis on trouve Tucquegnieux Plateau, là où il y avait les mines et où se trouve un centre bourg, enfin il y a Tucquegnieux Marine, quartier ouvrier où se trouvait une usine sidérurgique pour la fabrication de pièces marines. C'est dans l'église de ce dernier village que j'ai assisté à la messe hier soir. Cette église a été construite à partir de matériaux de récupération de baraquements américains d'après-guerre 14. C'est une église en bois, consolidée extérieurement par du béton.

Passionné de musique, Bach, Beethoven, le père Demange tenait l'orgue. A 80 ans, tous les jours il passe une à deux heures au piano pour entretenir sa passion. Féru d'orgue, il a aussi écrit beaucoup d'arrangements pour orgue, pour des cantiques usuels.

Un grand merci Père Demange pour la simplicité et la chaleur de votre accueil.

 

 

Habitations de cités minières à Trieux
Habitations de cités minières à Trieux

À Trieux, je quitte cet alignement urbain à la campagne. Il est 9h, je quitte la Meurthe et Moselle pour la Moselle (57).

Vers 10h il fait déjà très chaud. Hier le thermomètre est monté jusqu'à 34° à l'ombre, m'a t'on assuré. Je cuisais et je ruisselais. Et aujourd'hui, rebelote avec majoration. 

A Fontoy, je suis une route qui s'enfonce dans les bois, la forêt domaniale des Tillots. Malheureusement, très vite, la route devient chemin, le chemin devient sentier, le sentier se dissout dans la forêt. Impossible d'avancer, je suis perdu et obligé de rebrousser chemin et d'ajouter 4km au compteur.

 

 

 

La ville d'Algrange dans la vallée
La ville d'Algrange dans la vallée

Je passe par Algrange. Au café de la gare, mon drapeau breton me vaut d'être interpellé par des gens qui viennent en vacances à Quiberon. On m'explique ce pays, Algrange, tout en longueur en fond de vallée. Autrefois on y extrayait le minerai de fer, la minette, 30% de fer dans le minerai.

Mais en Mauritanie, on trouve du minerai à 70% dans des mines à ciel ouvert. Alors les mines ferment. Le pays périclite. La sidérurgie essaie tant bien que mal de survivre. Des entreprises, comme De Wendel, se lancent dans le laminage comme à Florange. Mais cela reste une situation économique d'équilibristes.

 

À l'horizon, Thionville se devine
À l'horizon, Thionville se devine

Ici beaucoup de communes ont un nom qui se terminent en "ange" : Lommerange, Havange, Illange, Tressange, Nilvange, Knutange, Florange, Beuvange.... C'est très étrange et pour moi tout se mélange !

L'entrée de Thionville est interminable. Au sortir de la forêt d'Algrange, je la voyais à l'horizon. Que c'est long et loin de cheminer dans les banlieues commerciales et industrielles. Mais Agnès m'attendait au bout du chemin.

 

À propos, je crois me souvenir que deux dames de Plouhinec ont vécu leur enfance à Thionville.