52ème étape, Gernsheim - Ernsthofen, 24km, la rive droite du Rhin et les premières collines de la Hesse

Jacob, notre boulanger-pianiste à l'œuvre
Jacob, notre boulanger-pianiste à l'œuvre

 

Nous ne savons pas si nous arriverons à nous accommoder des habitudes allemandes. Mais nous faisons beaucoup d'efforts. Nous apprécions énormément le fruhstuck, le petit déjeuner, toujours copieux.

À Lonsheim nous étions logés chez un viticulteur qui fait aussi des chambres d'hôtes mais cela ressemblait davantage à un hôtel.

Hier soir, nous étions logés dans une backerei-konditorei (boulangerie pâtisserie) elle fait aussi salon de thé.

Nous avons pris un encas pour notre dîner, le patron, 83ans, est venu causer avec nous. Il nous a expliqué qu'il aurait aimé apprendre le français mais la mort prématurée de son père à 47 ans, l'a obligé à arrêter ses études pour reprendre la boulangerie. Il parle remarquablement l'anglais. Son dada c'est son piano, un Bluthner-Leipzig de 150ans qui trône dans son salon. Il s'est mis au piano et nous avons été époustouflés de voir notre boulanger de 83 ans jouer si bien.

 

 

L'agriculteur nous offre une barquette de fraises
L'agriculteur nous offre une barquette de fraises

Sur la rive droite du Rhin, le paysage est aussi plat que de l'autre côté et ceci pendant une dizaine de kms. On y trouve des cultures de fraises, d'asperges, de fenouil et aussi d'oignons. Nous avons vu des équipes de cueilleurs dans des champs de fraises et de petits pois.

 

Dans des serres tunnels nous découvrons des plantations de framboisiers. Nous y pénétrons pour prendre la photo. C'est ce moment précis que choisit l'agriculteur pour passer en voiture. Il n'est pas très content : des voleurs ! Nous lui expliquons : photo, photo ! Il s'en va plus ou moins convaincu, à notre avis. Il a un énorme pansement à la main.

Un quart d'heure plus tard, nous sommes toujours sur la route, l'agriculteur repasse en voiture, nous double, s'arrête et sort de son véhicule et nous fait signe d'approcher. Il ouvre la portière arrière de sa camionnette et nous offre une barquette de fraises.

 

Le monument aux morts de Jugenheim
Le monument aux morts de Jugenheim

Ce n'est pas tout. Cela se passait bien avant Bickenbach, la ville jumelée avec St Philbert de Grand Lieu. Nous traversons Bickenbach et une heure et demie plus tard nous arrivons à Jugenheim. À la sortie du pays, nous rencontrons notre paysan qui sort d'une pharmacie, un pochon à la main. Nous l'apostrophons, il s'approche de nous et ouvre son pochon. Ce n'était pas des médicaments qu'il contenait mais des fruits. Il prend une pomme, nous l'offre, et nous explique que s' il est là c'est pour aller à l'hôpital juste à côté, pour refaire le pansement de son pouce qu'il a écrasé avec un matériel hydraulique.

Sympa les paysans allemands !

Qui sait ? peut être le reverra t'on un jour.

 

 

En pleine forêt, Agnès se prépare à déguster des fraises
En pleine forêt, Agnès se prépare à déguster des fraises

À Jugenheim, nous avons vu le monument aux morts des guerres 14-18 et 39-45. En France, le nombre de morts pendant la guerre 14 est beaucoup plus important que celui des morts de la guerre 39-45.

Sur le monument de Jugenheim, il a plus de 3 fois plus de morts pour la dernière guerre.

Sachant qu'en 14-18, les Allemands avaient eu autant de morts que les Français, en 39-45, ils ont vraiment payé très cher en vies humaines, la folie de leur dictateur.

 

Ce soir, nous pensions être à Modautal, mais compte tenu de l'incertitude du logement là-bas, nous avons modifié notre parcours 3km avant d'arriver. Et finalement nous sommes bien à Modautal car Modautal est le nom commun qu'ont pris 7-8 communes lorsqu'elles ont décidé de fusionner. Ici nous sommes donc à Modautal-Ernsthofen.

 

Demain, nous prévoyons d'arriver à Hochst im Odenwald.