58ème étape, Wurtzburg - Wipfeld, 26km, la Fête-Dieu

la tentation a été trop forte devant le champ de fraises
la tentation a été trop forte devant le champ de fraises

Levés de très bonne heure, nous étions sur la route à 6h15 pour nous payer toutes les zones industrielles et commerciales de Wurtzburg, les grandes artères qui se coupent et s'entrecoupent au milieu desquelles le pèlerin doit se frayer son chemin. Nous étions étonnés car, pour un jeudi, il n'y avait pas beaucoup de monde sur les routes.

Plus la matinée s'avançait, plus nous nous trouvions seuls. Nous pensions traverser une zone boisée et accidentée. Ce fut au contraire d'immenses plateaux cultivés et une succession de petits bourgs avec chacun sa zone artisanale.

Nous avons vu des champs de carottes cultivées sur buttes comme des pommes de terre, des champs de fraises, des champs de melons ou d'une culture dont les feuilles leur sont semblables.

Il nous arrive parfois le soir de nous satisfaire d'une  salade. Dans cette salade, où que ce soit, il y a toujours une râpure de quelque chose au goût de chou. C'est du chou-rave dont nous avons vu un champ aujourd'hui. Du chou-rave ! Du chou-rave ! Tout le monde connait : sauf nous !

On dit que les Croisés au retour des Croisades ont ramené des produits qui n'existaient pas chez eux. On parle ainsi de la prune d'Ente et de l'échalote. 

Et bien l'an prochain, il y aura du chou-rave dans notre jardin.

un reposoir installé dans une rue de Wipfeld
un reposoir installé dans une rue de Wipfeld

Nous avons traversé Lengfeld, puis Estenfeld. À l'entrée de Unterpleichfeld, nous entendons les cloches sonner. Nous nous disons, ce doit être un enterrement. En passant près de l'église, nous entendons une chorale chanter. Nous nous disons que ce devait être quelqu'un d'important et nous continuons notre route. 

À Oberpleichfeld, nous voyons les rues pavoisées au couleur du Vatican. Nous demandons à une dame la signification de cela. Elle nous dit que aujourd'hui c'est la Hochfest des Leibes und Blutes Christi, la Fête Dieu, et que c'est un jour férié dans toute la Bavière.

Tout se met en place dans notre cerveau. Personne sur la route : normal c'est congé. Les cloches à Unterpleichfeld : normal c'est la Fête Dieu.

Et là, c'est un véritable drame qui se passe dans notre tête. La Fête-Dieu n'est plus fêtée chez nous avec le faste d'autrefois depuis des dizaines d'années. Mais ailleurs elle se fête encore.

Il y a 8 ans, nous étions passés 8 jours trop tôt à la fête du Corpus Christi et la sortie solennelle du char de la Cène à Lugo, en Espagne. 

Il y a 4 ans nous étions passés 8 jours trop tard pour la fête du Corpus Domini, à Bolsena en Italie,  au lieu même où fut instituée cette fête par l'église, il y a plus de 850ans.

Et cette année, le jour de la Fête Dieu, la cloche nous a invités et nous avons continué  notre route.

 

Mais il faut les brûler, ces pèlerins hérétiques.

la procession dans les rues de Wipfeld
la procession dans les rues de Wipfeld

Un peu penauds, nous continuons notre route jusqu'à ce que nous avions prévu comme terme, Schwanfeld.

Mais là, nous apprenons que la messe de la Fête Dieu a bien eu lieu ce matin, qu'il n'y a aucun hébergement et qu'il nous faut prendre le risque d'aller jusque Wipfeld pour avoir un lit et ajouter 3 km au compteur.

Immédiatement en arrivant, nous trouvons un hébergement. Devinez où ? Au bord du Main. On le voit de notre chambre.

Nous apprenons qu'à 17h, il y a une messe de la Fête Dieu à Wipfeld avec une procession dans les rues, avec la participation de la fanfare locale.

Nous y avons participé avec arrêt devant 3 reposoirs.

 

On peut commencer à démonter le bûcher.